Page 10 sur 11

Interview | Patrick Rougereau

Patrick Rougereau, chef en son domaine

Dans le cadre du 1er rendez-vous Toquicimes en 2018 et de l’itinérance du Festival International de la Photographie Culinaire, Patrick Rougereau était présent à Megève avec l’exposition « Regarde comme c’est bon ! », en tant que photographe officiel du FIPC. En avant-première, l’artiste nous avait révélé la recette de son succès…

La soupe VGE du bonheur, de Patrick Rougereau

Quel chemin vous a mené à la photographie culinaire ?

« Enfant, j’ai longuement hésité entre la cuisine et la photographie ; je pensais alors, à tort, que le métier de photographe serait plus cool que celui de Chef, qu’il nécessiterait moins de travail… J’ai débuté ma carrière comme photographe généraliste, en exerçant dans le secteur de la mode ou d’autres plus institutionnels, mais le culinaire était définitivement ce qui me passionnait. J’ai réussi finalement à associer les deux métiers et à vivre de ma passion, que rêver de mieux ! »

Quelles sont les outils dont dispose un photographe dans votre domaine ?

« Pour ma part, j’ai deux studios, l’un à Paris, l’autre à Caen. Ils sont aménagés comme des restaurants, c’est-à-dire qu’ils possèdent tous les équipements d’une cuisine professionnelle. Les chefs peuvent ainsi réaliser leurs plats sur place plutôt que d’arriver avec leurs préparations. Je photographie de la matière vivante ; la couleur et la brillance de la viande par exemple vont changer en refroidissant, les sauces vont se figer… c’est donc un réel atout me permettant d’être réactif.

Je suis assisté d’un chef cuisinier à temps complet, il exerce avec moi depuis 20 ans. Cela nous permet de privilégier le « vrai », l’authentique mais aussi de créer des recettes esthétiquement intéressantes. »

Quelle place tient la lumière dans votre travail ?

« Je suis un fanatique absolu de lumière, je cherche à en habiller le produit, en contrôlant totalement cet élément. Pour moi, elle représente 70 % d’une photographie réussie. C’est une composante qui permet de valoriser le produit mais qui peut également, à mauvais escient, le tuer. Déplacer un éclairage de 10 cm peut parfois tout changer. Ça ne s’explique pas, c’est quelque chose qui se ressent !

Ceci explique aussi pourquoi je travaille majoritairement en studio, parfois dans les cuisines des chefs, mais il est tellement plus simple d’avoir tout le matériel sous la main… »

Comment déterminez-vous le choix des fonds utilisés ?

Je travaille beaucoup les fonds noirs afin de mettre en évidence le produit, néanmoins je choisis en fonction du contraste que je souhaite obtenir. Il se peut même que j’utilise des fonds de couleur ou des matières naturelles comme le bois, la pierre, le minéral. Le blanc apporte un côté plus frais…

J’explique souvent aux clients qu’il faut choisir des couleurs neutres afin de laisser la priorité aux produits. Le fond ne doit jamais prédominer sur l’objet. »

Combien de temps est nécessaire à la réalisation d’une photo ?

« La photographie est déjà construite dans ma tête avant d’arriver sur le plateau photo. L’éclairage et le cadrage sont déjà pensés, je peux ensuite concrétiser rapidement le cliché. Comme je mets en valeur une matière vivante, il vaut mieux être le plus efficace possible. Il faut aussi avouer que mes 30 ans d’expérience m’aident en ce sens. »

Vit-on de la photographie culinaire ?

« Il est certain que ce n’est pas un métier reconnu. Si l’on demande aux gens de citer le nom d’un photographe exerçant dans ce domaine, la plupart en seront incapables. Il existe peut-être dix professionnels renommés en France, c’est vraiment une niche. »

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à exposer votre travail ?

« Pour l’exposition « Regarde comme c’est bon ! », j’avais envie de partager mes clichés fétiches avec le grand public.

Mais je tenais surtout à montrer que la photographie culinaire est un art à part entière et que l’on peut absolument la faire sortir de la cuisine, tant qu’on prend soin de travailler les matières et textures.

Aujourd’hui, elle a tendance à être vulgarisée. Chaque jour, dans la rue, les magazines, sur les réseaux sociaux… nous sommes abreuvés de photos de plats. Tout le monde s’improvise photographe culinaire, c’est une mode. Je tenais à valoriser ce métier, lui redonner son image de marque. »

Pourquoi l’édition semble-t-elle indissociable de la photographie ?

« L’édition est quelque chose de pérenne. Elle permet de faire durer son savoir-faire, de laisser une trace, contrairement à une campagne d’affichage qui ne sera visible que sur une période donnée, pour ensuite disparaître totalement.

Et puis, il y a un côté affectif dans les livres ; il y a un réel plaisir à offrir un ouvrage.

Au-delà de cela, je me fais plaisir à travailler avec les Chefs à la réalisation de ces publications. Ce sont des rencontres extraordinaires, des échanges riches et fabuleux ! »

 

Cette année, Patrick Rougereau signe l’affiche de l’événement Toquicimes 2019 avec sa photographie « Tome incandescente ».

Un modèle de réussite

Famille De Rothschild,

Edmond De Rothschild Héritage

Prestige, charme et authenticité sont autant de mots que Megève doit à la famille de Rothschild. Depuis un siècle, la station vit et grandit, grâce à un professionnalisme de renom et à un respect sans faille des valeurs.

Le fruit d’un héritage

Aujourd’hui considéré comme le plus beau village des Alpes, la station a débuté son développement en 1920, suite au souhait de la Baronne Noémie de Rothschild de créer un lieu de rencontre hivernale en France. Sur les conseils de son moniteur de ski Trygve Smith, elle découvre Megève et les splendides panoramas visibles depuis le plateau du Mont d’Arbois. Ce site merveilleux est digne de rivaliser avec la station des Alpes suisses, Saint-Moritz, qu’elle s’est lassée de fréquenter. Le Palace du Mt d’Arbois voit le jour. Le 1er golf, les 1ères remontées mécaniques, l’altiport… sont progressivement aménagés sous la houlette de la Baronne. Edmond de Rothschild, fils de Noémie, Benjamin, son petit-fils et son épouse Ariane, perpétuent le rêve de cette dernière en construisant de nouvelles prestations de luxe.

Le reflet d’une tradition

L’ouverture du Four Seasons Hotel en 2017, temporairement fermé, s’inscrit dans la continuité de l’histoire entre Edmond de Rothschild Héritage et Megève. Elle renforce le positionnement de la station au sein d’une dynamique internationale et l’inscrit dans un projet de développement à long terme. Si, au départ, l’ambition de Noémie de Rothschild consistait à faire du village une destination emblématique, ce sont aujourd’hui des clients du monde entier qui se retrouvent sur les pistes du Mt d’Arbois. Au sein du Four Seasons Hotel se rencontrent extrême raffinement, art et qualité environnementale. Cette excellence est sans compter les prestigieux restaurants.

La gastronomie en lumière

Le Kaito, restaurant japonais de fusion pan-asiatique, offre une vaste terrasse et sublime avec originalité les plats. Le 1920, restaurant iconique de Megève et récompensé par deux étoiles du Guide Michelin est bercé par la cuisine locale du Chef Julien Gatillon dont le mantra est :
« le bon produit au bon moment ». Entre aiguillettes de daurade royale cuites au sel, tomates cocktail à la burratina crémeuse ou encore filet de veau de lait grillé à l’ail des ours, la simple lecture du menu porte véritablement l’eau à la bouche ! La cuisine de cœur d’un jeune Chef s’adapte ici à la tradition Rothschild, magnifiant les ingrédients les plus précieux et enchantant les lieux.